Dégrèvements

Publié le par Zorba

A l'époque, il y a une décennie de cela, on était un service public, certes, mais administratif; aujourd'hui, on est un un service au public, au service du public, avec une connotation commerciale et de S.A.V. (et, un peu trop souvent à mon goût, d'assistance sociale aux irresponsables et j'm'enfoutistes...).
Aujourd'hui, donc, on reçoit les gens quand ils viennent.
Alors qu'auparavant, il y avait des jours dédiés à la réception, ce qui permettait de faire autre chose dans la semaine, en le planifiant.
Ou on recevait sur rendez-vous, ce qui permettait éventuellement de potasser le dossier au préalable, surtout si on n'en était pas le gestionnaire habituel.
Autres temps, autres moeurs, me direz-vous. Et vous aurez raison. Mais est-ce forcément un bien ?

L'anecdote suivante se déroule à cette fameuse époque:
Un monsieur arrive, sémillant:
- Je viens pour un dégrèvement.
- Oui, mais ce n'est pas jour de réception dans les services. Il faudrait donc repasser...
- Et ils peuvent pas me recevoir maintenant ?
- Non, monsieur; ils ont trop de travail.
- C'est étonnant !

La campagne bat son plein. La file s'allonge devant la banque de l'accueil. L'impatience monte au fur et à mesure que la file augmente, malgré les soins diligents de 3 agents pour répondre en écourtant au maximum.
Vient le tour d'une dame:
- Je voudrais recevoir une déprime... (un imprimé, en fait)

Un dadaïste débarque de son OVNI:
- Je suis venu l'autre jour pour demander un dégrèvement sur ma Taxe d'Habitation (TH). On m'a dit qu'il fallait que je déclare mes revenus avant.
- Et on a eu raison.
- Je vous apporte donc ma déclaration... Vous pouvez me faire mon dégrèvement tout de suite, parce qu'il faut payer avant dimanche ? (et puis quoi encore?)

Un petit monsieur, tout rose, le regard fuyant:
- Je suis venu demander un dégraissement de ma TH... ( light ou extra ?)

Le gars, pragmatique et efficace:
- J'ai réglé ma Taxe Professionnelle. J'ai déjà appliqué un dégrèvement sur mon paiement. Pour régulariser, je vous dépose ma demande de dégrèvement aujourd'hui (un peu gonflé, non ?).
- Ah bon ?
- Oui, c'est le comptable qui m'a dit de faire comme ça.
- Oh ben ! si c'est le comptable qui vous l'a dit... (...)
- Oui, il est très gentil. (manquerait plus qu'il morde !)

Petite ritournelle, qu'on entend un peu trop souvent:
- Je viens pour un avis d'imposition.
- Oui. Vous avez déposé votre déclaration de revenus auprès de quel centre ?
- Ah mais ! Je n'ai rien déposé, je suis au chômage (les allocs se déclarent aussi, patate!)

Dans l'hôtel des impôts, un monsieur, manifestement à la peine, cherche son chemin.
- Monsieur ! Je peux vous demander où vous allez ?
- Non. Je me débrouille. (au moins, comme ça, c'est clair)

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