Coluche, Bigard, et les autres...

Publié le par Zorba

Mes mentors, pères nourriciers en matière d’humour : Coluche, Bigard, Pierre Dac (et Francis Blanche), Sacha Guitry, Alphonse Karr, et Ambrose Bierce.

« L’humour est la pirouette du désespoir » a dit un de ces prédécesseurs, je crois. A moins que ce ne soit Alphonse Allais ? Ce dernier en tout cas, est trop cérébral à mon goût, et vise surtout un comique de situation.

Ce que j’apprécie surtout dans l’humour, c’est ce côté non pas nouveau riche mais ancien pauvre… La chaleureuse tendresse du recul, quand on est enfin sorti d’un mauvais pas qui n’a rien de rigolo quand on est dedans, parfois jusqu’au cou.
C’est ainsi que les vieux cons comme moi évoquent avec une certaine nostalgie leur période militaire, alors que le passage sous les drapeaux en a secoué plus d’un…

D’aucuns s’arrêtent au contenant, et ne cherchent pas à voir le contenu, sous prétexte d’une formulation grossière. Comme si la bouteille était plus importante que le vin. Et le pipi-caca-prout va obérer l’essentiel du message chez les esprits étroits.
Comme si seules les blagues des croque-morts étaient désopilantes !

Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt…

Pourtant quoi de plus beau que cette formule du désespoir : « chez nous, les fins de mois commençaient le 5 »  ou  « l’artichaut, c’est le vrai plat du pauvre ; parce que quand on a terminé, il y en a plus dans l’assiette que quand on a commencé » .  Il y a un petit grincement dans le rire, certes.

Il y en a une aussi, que j’affectionne, de Popeck : « si un jour tu as besoin d’une main charitable, tu en trouveras toujours deux au bout de tes bras ». Ma mère disait, dans le même sens : « comme on fait son lit, on se couche ». Un proverbe allemand n’est pas très éloigné : « ça revient moins cher d’acheter que de demander ».

Ou Sacha Guitry : «  Je suis contre les femmes…tout contre ! ».

Quant à Pierre Dac, l’absurde et le surréaliste triomphent. L’os à moëlle est une mine . Ainsi, « ce n’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule ».

Publié dans Humour et philosophie

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