réflexions

Publié le par Zorba

Qu'est-ce que je foutais là, un jour de grève ?

Bonne question.
Je n'étais pas à mon poste, - donc j'en assume les conséquences. Notamment financières. De plus, je venais faire une petite bouffe avec mon ex-collègue, Gégé, alias Sponge Bob.

J'aurais mieux fait de m'abstenir. Ou choisir tout sujet non- professionnel... Je n'ai pas su résister, et ne le regrette pas, parce que j'ai beaucoup ri, - que ce soit jaune ou de bon coeur.

J'y ai appris, entre autres, que tout ce que j'avais fait (c'est-à-dire, peu ou prou  EXPLOSER* les statistiques du site) était du passé. Et que l'on était revenus aux vieilles habitudes malgré un nouveau chef. Papatte en rond, et surtout, la maxime fétiche de la DGI, pas de vague...

A se demander pourquoi on se crève le cul pour des cons, pourquoi on se met à dos les autres cons de ouin-ouins tocards. Surtout que je n'en tire aucun bénéfice, vu la notation de merde que j'ai (depuis 10 ans, aucun encouragement - trop indocile, même si parfait dans mon boulot).

Je ne regrette pas ce que j'ai fait.
Je ne travaille ni pour les statistiques, ni pour un chef en particulier, ni pour ma carrière (voir plus haut, concernant ma notation).
N'étant pas intéressé aux résultats que j'apporte, alors pourquoi le fais-je ?

C'est la question, et tout le problème de mon personnage.

J'ai ce défaut d'avoir une haute opinion (quoique justement modérée par l'expérience) de moi-même. De mon boulot, et des valeurs que je représente ou que je peux apporter.
J'ai par ailleurs toujours eu pour principe de bien faire mon boulot, quel qu'il puisse être, - ou d'en changer au plus vite.
Ne pouvant en changer, vu les cloisonnements administratifs, vu le refus de ma hiérarchie concernant toute mise à disposition auprès d'une autre administration (j'ai tenté, notamment la Cour des Comptes)
; ainsi que la sécurité matérielle -et que j'assume- recherchée par ce job alimentaire, je me suis résigné donc à cette carrière de rond-de-cuir et de gratte-papier, voire d'empêcheur de tourner en rond entre gens du même monde.

Mais cela ne représente aucunement des raisons suffisantes pour renoncer à moi-même, ni aux valeurs que j'estime justes.
Déjà, dans le passé, et malgré la mauvaise réputation qu'ont les représentants, j'ai privilégié la qualité et le long-terme à l'hypothétique (car pouvant être remis en cause) profit immédiat.
Question d'intelligence, de bon sens bien ordonné (comme la charité), et de morale...

Je suis employé de l'Etat.
Donc ni de X, ni de Y, - ni de Sarko, ni du chefaillon carriériste qui me dirige - façon de parler, car c'est sa carrière seule qu'il dirige !

Je tiens compte certes des facteurs locaux et personnels, mais aussi du facteur macro-économique... ce que ne semblent pas intégrer nombre de mes collègues.
En effet, pourquoi favoriser A en lui accordant des facilités (je rappelle que je ne suis pas assistante sociale), alors que son concurrent B va se débrouiller quant à lui pour faire face à ses obligations ?

N'est-ce pas fausser la concurrence ?
L'Etat a-t-il vocation à jouer aux banques en accordant des facilités de paiement ? Ne court-circuitons nous pas le crédit bancaire ? Et si le gus ne nous paye pas in fine ?
Suis-je payé pour prendre ce risque?
Et s'il ne paye pas ce qu'il doit à la collectivité, qui va payer ? Donc, en lui octroyant ces facilités, est-ce que je ne suis-pas en train d'aggraver le déficit ? Sa capacité de remboursement, donc ses chances de s'en tirer ?
Dès lors, est-il juste de faire du social avec A, alors que B affronte les lois de la concurrence ?

C'est métaphysique, hein?
Eh bien, c'est mon quotidien.
Et je dois y répondre quasiment instantanément...

Alors, bien sûr, je prends des décisions qui ne font pas plaisir. Voire qui font mal.
Mais faut-il faire plaisir, si l'issue devient encore plus grave ?
Toute proportion gardée, c'est le dilemme du chirurgien: dois-je amputer tout de suite ce doigt ? ou dois-je espérer une rémission ? et si cela s'aggrave, et qu'il faille trancher le bras ?

Le parallèle peut paraître risible et pompeux.
Songez seulement qu'il s'agit du budget de la nation, donc de vos impôts.
Vous trouvez toujours aussi drôle de payer pour les autres ?


* J'assume.

Publié dans Citoyenneté

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