Mariage et femme au pays...

Publié le par Zorba

Un noir baraqué s'assoit en face de moi:
- Je me suis rendu compte qu'on pouvait déduire des pensions alimentaires, et je viens  rectifier en conséquence.
- Sans problème. Il s'agit d'enfants ?
- Non; de ma femme. Elle est restée au pays (et il m'exhibe un passeport camerounais).
- Le régime du mariage: communauté ou séparation de biens ?
- C'est une colonie française, monsieur.
- Une ancienne colonie, alors.... Donc ?
- Communauté de biens.
- Vous pouvez alors, en principe, déduire la pension, à condition d'en justifier, notamment des paiements.
Il m'exhibe une liasse de mandats envoyés par l'intermédiaire d'une officine internationale...
- OK. Et vous vous êtes mariés quand ?
- En 2007, en Février.
- Bien, ce sera donc valable pour la déclaration que vous ferez en mai, et uniquement pour les sommes versées après mariage.
- Et pour tout ce que j'ai versé avant ?
- Vous n'aviez aucune obligation légale de les verser ?
- C'était ma future femme.
- Future. Donc, vous n'étiez pas encore mariés.
- Non.
- Donc, vous n'aviez aucune obligation légale de verser ces sommes...
- Mais
c'était ma future femme !
- Oui, sans aucun doute. Mais tant que le mariage n'a pas été constitué, vous n'aviez aucune -et je me répète- obligation légale. Vous êtes libre de disposer de vos revenus comme vous l'entendez; et heureusement ! Si vous voulez le dépenser en voitures, ou entretenir des petits rats de l'Opéra, libre à vous.
Mais ce n'est pas à la collectivité d'assumer vos choix.
Comme vous n'aviez aucune obligation de verser ces sommes, il s'agit de libéralités ou de dons gracieux.
- Et donc ?
- Donc, c'est pour votre pomme.
- Mais c'est pas normal !
- Ne confondons pas sentiment d'obligation personnel et obligation légale. La loi n'admet que les dépenses dûment justifiées. Je me répète donc, ces sommes sont certes l'effet de votre bonté, mais ce n'est pas à la collectivité d'en assumer les conséquences.

Force m'est de reconnaître qu'il a su rester courtois jusqu'au bout.

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