Aux armes, citoyens !

Publié le par Zorba

Chères amies, chers amis,

Je suis désolé du tour politique que prend ce blog, qui était destiné à l'origine à vous -et à me (sinon pourquoi l'aurais-je fait ?)- divertir.
Je m'en excuse d'avance.

Mais n'oublions pas que mes racines plongent dans le sol qui a vu naître la Démocratie, le Pouvoir du Dème, donc de la Commune citoyenne.

Mon père a pris le maquis communiste en 1942 face aux Nazis, puis en 45, à la Libération, face aux nationalistes (fachos) de Venizelos, appuyés par l'Angleterre et les USA, -ce qui lui a valu d'être décrété personna non grata, puis d'être inquiété à l'époque de la dictature des colonels (21/04/1967- été 1974).
Il n'a pas connu les geôles, à ma connaissance, mais peu s'en est fallu.

Cet homme, mon père, pétri de défauts et de qualités, mais surtout d'humanité et d'idéaux, m'a façonné.

A ma façon, maladroite, je lui rends ici hommage, à lui qui m'a désiré, aimé, élevé; et que je n'ai pas vu porter en terre, suite à son cancer généralisé en 1984, à 58 ans, lui qui avait commencé à travailler dès l'âge de 7 ans, au décès de son propre père.

Autant dire qu'il a cotisé toute sa vie pour une fiction - la retraite- dont il n'a jamais bénéficié.
Cette notion avait été mise en place suite aux mouvements humanitaires de gauche.
Auparavant, il n'y avait rien pour les travailleurs démunis, épuisés, lessivés, par un travail harassant et par un traitement sans pitié par les patrons, petits ou grands, uniquement obnubilés par leur profit et le confort qui l'accompagne.

Ce père, donc, m'a inculqué les valeurs de la patrie citoyenne et démocratique, ainsi que du noyau familial.

Je lui en suis reconnaissant, bien que l'héritage ait été lourd parfois à porter. Aussi, je ne me revendique pas communiste, ni d'aucune autre obédience; mais de Gauche, en général, de cette gauche responsable et généreuse, autonomiste, celle de nos ancêtres humanistes.
Mes prises de position peuvent donc paraître surprenantes pour une orthodoxie embrigadée.
Je me revendique au-delà des clivages partisans.

Et, aujourd'hui, puisque le hasard m'a fait naître sur ce territoire français, dont la nationalité ne me serait pas concédée de nos jours, vu mes 3/16èmes d'origine française; je joins ma voix aux clameurs républicaines: notre pays est en danger !

Tout le monde s'accordait à reconnaître que la France est une monarchie républicaine. Au lieu d'un roi, ou d'une reine, nous avons le choix de l'illusion de notre représentation : notre monarque sort des urnes.

Je dirais plus: notre monarque est fabriqué par les urnes.
Notion importante, lorsqu'on sait que le territoire est re-découpé à chaque élection, en fonction des opinions et des voix exprimées.

Or, de par son caractère inquiet, de par sa revanche à prendre à l'égard d'un père qui l'a délaissé, de par sa formation juridique (le boulot des avocats n'est pas d'appliquer les lois, mais de les tourner à leur avantage), pour un tas d'autres raisons également, le locataire que les urnes ont désigné à l'Elysée va transformer son bail en emphytéose.

Pour la clarté de ma démonstration, est dit emphytéotique un bail de 20 à 99 ans, qui donne in fine au locataire les droits du légitime propriétaire. Dites-moi si je me trompe.

Ce petit homme, comme disait Hugo à propos de Napoléon III, -lequel jouissait de la gloriole de son grand-père-, est en train de noyauter les réseaux et les structures républicains, sous couvert de réformes.

Il instaure un culte de la personnalité, par le truchement des média complaisants (quels bénéfices à tirer d'un scoop !) et avide de nouveauté;  il lénifie son omniprésence, son omni-ingérence (à défaut d'omniscience), son omnipotence.

Si Louis XIV avait connu les Ray-Ban, il nous aurait peut-être joué le numéro de N.S.
Mais Louis XIV n'avait pas besoin de cela: il était la Nation Française
("L'Etat, c'est moi"). Il était fils de rois, d'onction divine, incontestée durant des siècles.

Le nain surexcité qui a été propulsé sur le devant de la scène, ce bouffon qu'un seigneur médiéval aurait renvoyé à la niche d'une pichenette, vit sa revanche du carnaval.

Quand il aura tout ficelé, tout muselé, tout mis à sa botte, il sera trop tard pour réagir.
Vous serez cuits comme la grenouille.
Il sera trop tard pour dire : "je ne savais pas".

C'est que vous n'aurez rien compris à l'Histoire, rien à 1933, ni à l'avènement d'un autre gnome, moustachu celui-là, qui a mis à feu et à sang la moitié de la planète.

Il va y avoir des élections bientôt.
Vous aurez l'occasion de vous exprimer autrement que par sondages biaisés car commandités. Exprimez-vous donc.

Réveillez-vous !

Publié dans Citoyenneté

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