Kosovo et Europe

Publié le par Zorba

Je complète mon analyse de l'article précédent.

En émettant des doutes sur l'Unicité et l'Indivisibilité de la France, je remets en cause aussi certains slogans fondamentaux, qui ornent pourtant le fronton de nos mairies.

Oui, ces 3 mots généreux: Liberté, Egalité, Fraternité.
Tout le monde s'accordera, -et ce ne sont pas les jeunes ghettoïsés des banlieues qui me diront le contraire-, sur le fait que ce ne sont plus que voeux pieux.

C'est un autre débat, car entrent en ligne de compte d'autres facteurs: la politique expansionniste coloniale de la France, puis la décolonisation, l'appel à la main-d'oeuvre étrangère lors de la reconstruction nationale après-guerre, le repli communautaire (réflexe normal chez tout émigré de fraîche date), l'absence d'infrastructures et de politique volontaire d'assimilation, les conflits moraux et religieux....

Il n'empêche qu'avec la politique actuelle de désengagement de l'Etat face à une population d'assistés; le transfert des charges vers les collectivités locales (RMI, routes nationales... par exemple), sans que les moyens suivent automatiquement; la volonté autonomiste de certaines régions dont l'histoire est chargée (Bretagne, Alsace, Corse...); nous ne sommes pas loin de l'éclatement.

Je ne vous ferai pas ici un cours d'histoire.
Il n'est que de reprendre vos manuels, ou d'ouvrir une encyclopédie.
La France n'est pas Une, mais une mosaïque de peuples, de coutumes, de climats, de paysages.

Certains pays, déchirés par une volonté politique, -je pense à l'Allemagne et le honteux mur de Berlin-, ont su abolir leurs frontières internes, et leurs différences de forme, pour reconstruire une nation unie et solidaire (sauf à destination du Liechtenstein, mais c'est encore un autre problème...).

A contrario, nos voisins Belges, -le peuple le plus brave selon César, Jules- sont à deux doigts de l'irréparable.
Brel, parmi tant d'autres, nous avait montré l'hostilité entre les flamands industrieux et donc riches, et les wallons, plus latins.
Que ce pays soit resté pendant tant de mois sans gouvernement est un exploit. Seul le roi et le drapeau national assuraient encore la cohésion.

A l'heure où l'Europe est en cours de construction (ou n'est-ce qu'un "machin" économique ?), et est censée fédérer des peuples et des pays de composition et d'histoire différentes; je me pose des questions sur ces débats anachroniques, propices aux frottements et aux débordements martiaux.

Bien sûr, la Russie Poutinienne, qui est tout sauf une démocratie, et les USA Bushiens (pour l'instant) gardent des régions d'influence, ne serait-ce que pour écouler leurs armes de guerre.
Pour les Etats-Unis, cela peut se comprendre; car, au train où vont les choses, il ne restera bientôt plus d'étudiants pour les acheter, ces armes...
Quant aux Russes, il n'y a plus guère de Tchétchènes.

Le problème du Kosovo revêt donc une dimension internationale, et le grain de sable dans le sabot serbe risque de se transformer en montagne (de connerie humaine, et donc de cruauté) qui nous ensevelira.

Moralité: les chiens aboient, la caravane passe.

Publié dans Citoyenneté

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