De la racaille en général, et de notre présipauté en particulier

Publié le par Zorba

Je me répète. Je sais.
-C'est une déformation professionnelle: parfois, j'explique 3 fois, en long, en large, et en travers; avec un langage en général simple (ou adapté au niveau de mon interlocuteur), en prenant soin, le cas échéant, d'expliquer et expliciter les termes administratifs abscons.
Croyez-moi si vous voulez, mais il y en a qui me regardent toujours avec des yeux ronds comme des soucoupes alors qu'ils me posent la même question pour la 4ème fois...

Notre résident de l'Elysée, ai-je dit, ne me représente pas.
Sa dernière intervention au Salon de l'Agriculture, qui a bénéficié également de la couverture télévisuelle, n'est absolument pas à son honneur.

On a joui à cette occasion d'un rappel sur l'épisode des marins bretons.
On n'est pas allé jusqu'à l'époque où le candidat parlait de "racailles" en banlieue et promettait de les "karchériser", image qui est restée dans l'imaginaire populaire.

Son intervention au CRIF est pathétique, son homélie pro-catholique devant le Pape (vous savez, le mec en robe blanche, devant lequel il consulte ses SMS...) ne vaut guère mieux.

Je ne suis pas psychanalyste -et je sens que c'est bien dommage, car avec l'oiseau, il y aurait beaucoup de gras à se faire, vu ce qu'il a l'air de se trimballer-, mais j'ai quelques notions en psychologie.
Oh ! rien que de très light : un peu de physiognomonie, un peu d'Analyse Transactionnelle, une once de PNL, et quelques 28 ans d'expériences professionnelles de tout genre avec des publics divers et variés.

Ce n'est pas un mec, au sens coluchien et "enfoiré" du terme.
C'est pour moi un type, voire un sale type, un voyou.
Car il a un comportement de voyou: attiré par tout ce qui brille, à se complaire dans le luxe, et surtout à l'étaler avec ostentation et vulgarité, et enfin des attitudes de petit coq debout sur ses ergots: "casse-toi connard".
Je suis désolé de vous le dire aussi abruptement, mais ça fait plus petit loubard que Président de la République, premier magistrat de l'Etat, et en charge de 64 millions d'âmes.
Il y a un zeste de cowboy, et un poil de colonel du KGB (ex-colonel ? pardon !).

Je ne parlerai pas de la droiture de De Gaulle.
Je ne portais pas Chirac dans mon coeur, mais il faut reconnaître qu'il a quand-même une autre allure, notre Chichi, empreinte de réserve et de dignité.
Mitterrand, lui, faisait vieux sage sur sa montagne, genre chat à surveiller les souris avant d'abattre une patte sur elles au moment opportun; il n'était pas à un coup bas près, mais avec majesté.
Même Bayrou, dont tout le monde se gausse, m'est bien plus sympathique. En effet, la claque qu'il a assenée immédiatement et en public au gamin qui lui faisait la poche, puis son comportement paternel, font bien plus pour moi que  ses discours, qui ne sont pas si sots.
Ne parlons pas de Giscard. Plus balai-dans-le-cul que lui, il n'y avait peut-être qu'Anne-Aymone...

On aime ou on n'aime pas un personnage, surtout lorsqu'il est la mire de tout le monde, au premier rang. Des goûts et des couleurs, on ne discute pas.
Mais, à nous autres fonctionnaires, à qui l'on inculque le devoir de réserve, dont les manquements sont sanctionnés, comment peut-on nous faire admettre que notre supérieur à tous,
notre chef suprême, ait un tel comportement irrespectueux, trivial, voire vulgaire ?

Encore une fois, l'habit ne fait pas le moine.
Notre type a beau parader en costard cravatte, rolex oyster au bras, ray-ban sur le nez, en compagnie d'un canon; il a beau descendre d'une limousine escortée par la Garde Républicaine avec les honneurs; il n'est qu'un voyou, de ceux qu'il voulait karchériser...

Il s'en rend compte l'animal, ou bien ses conseillers en communication lui disent que sa cote de popularité dégringole, car il déploie des efforts pour se faire accepter et aimer. D'où ses sorties sur la religion, notamment.
Mais il est à contre-emploi.
Et ça se voit comme le nez au milieu de la figure; comme quand Ségolène était en campagne, en porte-à-faux avec son parti d'éléphants roses, et que ses propos manquaient de la sincérité qui aurait pu me convaincre.

Je dirai même plus.
Si on se réfère au principe de Peter, qui a écrit un bouquin entier paru en poche, et que l'on peut résumer en 1 et 1 seule phrase:
" Tout individu tend à s'élever jusqu'à son plus haut niveau d'incompétence".

Notre voyou y est, à son niveau d'incompétence.
Tant qu'il s'agissait d'être le premier dans la course, à coup de promesses qui n'engagent que ceux qui y croient, de coups de poignard entre les omoplates de ses rivaux (Chichi en sait quelque chose), d'écraser, suborner, menacer, circonvenir; il était dans son élément.
Son boulot à lui, c'est chefaillon, ou capo.
Il n'est pas fait pour représenter une puissance mondiale (la 5ème, à ma connaissance), ni diriger une nation de 64 millions de personnes.

Ou alors, il rêve de reprendre le flambeau Mussolinien.
Car, je ne sais pas vous, mais on a amorcé depuis quelque temps le même virage à droite qu'aux débuts du XX° siècle.
Pour le XX°, on sait comment cela a fini.

Pour le nôtre, je l'ignore; mais je peux vous certifier que les nuages sombres s'amoncellent au-dessus de nos têtes.

Républicains, démocrates, réveillez-vous !

Publié dans Citoyenneté

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